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SAINT VERAIN


Saint Verain se trouve au sud de la Puisaye Nivernaise, à mi-chemin entre Alligny et Bitry, un peu en contrebas de la crête du coteau qui domine le cours de la Maloise. le village présente un ensemble presque unique de vestiges de fortifications d'une cité féodale du XIIème siècle, avec l'un des plus vieux donjons de France. La cité est classée "monument historique" depuis 1906.
Actuellement, le village compte 350 habitants, sur une superficie de 2398ha; il présente un aspect assez accidenté. Son altitude varie entre 190m et 301m.

Historique

Vers l'an mil, le petit village fortifié en Nivernais, prend le nom de "Sancti Verani Bosco" ou, en français, Saint-Verain-des-Bois.
Ce saint était évêque de Cavaillon au VIème siècle. La légende fait de lui le vainqueur du terrible dragon du Gévaudan qu'il enchaîna puis relâcha dans les Hautes-Alpes à l'endroit appelé aujourd'hui Saint-Veran. Ce fut lors du passage des saintes reliques de Saint Verain à Rond-le-Fort que le village pris alors son nom.
A compter de l'an mil, la baronnie de Saint-Verain devint l'une des plus puissantes seigneuries du nord-ouest du Nivernais.
Le milieu du XIIIème siècle fut l'époque la plus glorieuse de Saint-Verain, le seigneur Hugues II était alors suzerain de 179 fiefs allant de Villefargeau (à 4 kilomètres d'Auxerre) jusqu'à Saint-Benin-d'Azy (à 20 kilomètres de Nevers).
Comme de nombreux nobles, les seigneurs de Saint-Verain, très pieux, participèrent aux croisades. Ainsi, on rencontre de nos jours les hameaux de Betphaget, Nazareth, Jérusalem, les Berthes (anciennement Bethléem), le mont Saint-Jean, les Oliviers, Jéricho et les rivières du Jourdain et du cédron.
En 1489, le comte de Nevers devint possesseur de la totalité de Saint-Verain. Cette dernière se trouvait donc absorbée dans les domaines de la maison comtale, elle qui avait brillé d'un vif éclat pendant cinq siècles.

L'église

C'est en l'an mil que Gibaud 1er fonda, dans la cité le prieuré de Saint-Verain dépendant de l'abbaye de Saint-Germain-d'Auxerre. Au XIIème siècle, l'un de ses descendants, sans doute Hugues 1er entreprit d'édifier un monument en pierre, plus solide et plus majestueux que le bâtiment primitif. C'est une église bénédictine de transition entre le style roman et le style gothique.
On distingue à l'intérieur de l'église :
  • une nef à trois travées, à éclairage direct, bordée de bas cotés,
  • un transept non saillant dont la croisée supporte le clocher,
  • un choeur de deux travées terminé par un chevet plat, présentant des traces de remaniements très important,
  • deux chapelles rectangulaires en prolongement des collatéraux.
A remarquer particulièrement :
  • dans la fenêtre centrale du choeur, un vitrail du XIIIème siècle comportant cinq tableaux : la flagellation de Jésus, la trahison de Judas, le sacrifice d'Abraham, le bouc émissaire et un personnage jouant de la viole devant une femme qui pourrait être l'épouse du donateur.
  • à gauche, un autre vitrail sans intérêt dans lequel est inséré un morceau d'un vitrail qui proviendrait de la chapelle du château : un moine sur un prie-Dieu avec la maxime Spero quandiu spiro (tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir).
  • dans le choeur, des stalles du XVème siècle.
  • à droite du choeur, des chapiteaux romans présentant des feuilles stylisées avec des pommes de pin, des coquilles rappelant le passage des pèlerins en route vers Saint-Jacques, une sirène ailée et un personnage fabuleux ailé, à corps de cheval et à tête humaine.
  • un confessionnal en bois du XVIIIème siècle, un Christ sur la croix en bois polychrome du XVème siècle situé sur un mur du croisillon nord.
  • une statuette en pierre du XVème siècle symbolisant Saint Verain terrassant le dragon ; elle est fixée au mur méridional du transept.

La céramique

Depuis le XIVème siècle on retrouve une production importante à Saint Verain, mais sans conteste, la période la plus remarquable va du XVème siècle au début du XVIIIème siècle. C'est à cette époque que furent fabriquées les pièces émaillées en bleu et regroupées sous l'appellation de "bleu de Saint-Verain". Cette fabrication était essentiellement destinée aux aristocrates.
 


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